Publicité pour le tabac : la branche publicitaire et l'USAM demandent une mise en œuvre mesurée

Le oui à l'interdiction de la publicité pour le tabac est un énorme progrès dans la lutte contre la dépendance à la nicotine en Suisse. C'est ce qu'ont déclaré les vainqueurs après le oui à l'initiative pour l'interdiction de la publicité pour le tabac dimanche. Les opposants mettent en garde contre de nouvelles interdictions de publicité pour des produits de consommation considérés comme malsains, mais légaux.

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Le vote rétablit l'équilibre entre un lobby du tabac tout-puissant avec des moyens colossaux et des parents impuissants, a déclaré dimanche Grégoire Vittoz, directeur d'Addiction Suisse, à la radio suisse romande RTS.

Il existe à l'étranger des exemples de politiques de santé publique qui sont efficaces dans le domaine du tabac. La Suisse doit s'en inspirer, a poursuivi Mme Vittoz. La Ligue contre le cancer a fait savoir que le oui était une étape pour que les enfants ne deviennent pas les malades du cancer de demain.

Addiction Suisse fait partie des organisations qui soutiennent l'initiative "Oui à la protection des enfants et des adolescents contre la publicité pour le tabac", tout comme la Ligue contre le cancer, la Ligue pulmonaire et d'autres organisations.

Victoire sur le lobby du tabac

Le PS a salué la victoire sur le lobby du tabac. Le Parlement doit enfin élaborer un projet qui garantisse que les enfants et les jeunes ne soient pas incités à fumer.

Du côté du comité pro, la conseillère nationale bernoise Flavia Wasserfallen (PS) a déclaré à la radio SRF que le contre-projet, la loi sur les produits du tabac, était trop lacunaire. Ainsi, la publicité pour le tabac dans les médias gratuits, volontiers utilisés par les jeunes, serait restée autorisée, tout comme le sponsoring de festivals.

Les Vert'libéraux ont fait savoir sur Twitter que la protection des enfants et des jeunes ainsi que la santé de la génération à venir devaient avoir plus de poids qu'un modèle commercial basé sur la dépendance. Pour le PEV, l'heure est également au renforcement de la protection de la jeunesse. La société est responsable des adolescents.

Interdire purement et simplement la publicité

Les jeunes Verts ont aussitôt formulé une revendication de grande envergure. Faisant allusion à la campagne des opposants à l'initiative, le jeune parti a titré "et maintenant le cervelas" et a immédiatement demandé une interdiction générale de la publicité pour les biens de consommation. La publicité crée des incitations et des besoins artificiels et est donc nuisible à la société. Il en résulte une "surconsommation insatiable".

La Croix-Bleue a également profité du oui pour demander des mesures plus poussées. Le Parlement doit impérativement améliorer la loi sur les produits du tabac. L'organisation a notamment en tête des sanctions en cas de remise illégale de tabac et l'obligation de présenter une carte d'identité sur Internet.

Dans la perspective de la prochaine révision de la loi sur l'imposition du tabac, l'organisation a demandé une augmentation de l'impôt qui permettrait de dissuader les jeunes de fumer par le prix.

Atteinte à la liberté économique

Les partis bourgeois et les associations économiques ont regretté le résultat. Une interdiction de la publicité pour un produit légal n'est pas compatible avec la liberté économique, a écrit le PRD, reprenant ainsi le ton général.

Les jeunes ne seraient pas incités à fumer par la publicité, mais par la pression du groupe. Le oui à l'initiative ouvrirait la porte à d'autres interdictions de publicité pour des produits considérés comme dangereux pour la santé : alcool, graisse, sucre et autres.

L'UDC a vu dans ce résultat un nouvel abandon de l'ordre libéral en Suisse et une "Suisse de l'interdiction en marche". Elle continuera à tout faire "pour stopper les agissements destructeurs de la politique de mise sous tutelle de la gauche et des verts". Le conseiller national UDC saint-gallois Mike Egger, du comité des opposants, a accusé les partisans à la radio SRF d'avoir mené une "sale campagne".

L'organisation faîtière de l'économie Economiesuisse a écrit que le vote ne devait pas être interprété comme un rejet général de la publicité. Il ne constitue en aucun cas un précédent pour d'autres interdictions de publicité. L'Union suisse des arts et métiers a estimé que toute une branche était mise sous tutelle.

Les associations de la branche publicitaire ont fait savoir que les exigences de l'initiative sont largement satisfaites dans le contre-projet, la loi sur les produits du tabac. L'interdiction de remise de tabac aux jeunes de moins de 18 ans y est prévue, tout comme la disparition de la publicité pour le tabac de l'espace public. De plus, la publicité pour le tabac destinée aux enfants et aux jeunes est déjà interdite. (SDA)

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