Le Comité pour le soutien des médias veut des médias indépendants et diversifiés

Le comité interpartis pour le oui au paquet de soutien aux médias "La liberté d'expression" s'engage pour des médias indépendants et diversifiés dans toutes les régions de Suisse. Le comité a présenté lundi ses arguments et une affiche de campagne pour un oui lors de la votation du 13 février.

Les médias indépendants sont un fondement important de la démocratie directe et sont donc indispensables en Suisse, a fait savoir le comité. La population doit pouvoir se forger une opinion libre et être informée de manière fiable et équilibrée. Il est donc nécessaire de disposer d'une couverture médiatique diversifiée, fondée et critique.

La diversité des médias est importante, en particulier au niveau cantonal et communal. Selon le comité, les médias locaux et régionaux contribuent aux débats et à la cohésion en Suisse grâce à leurs reportages. Il s'agit là d'un service public important.

"Une étude de l'Université de Zurich datant de 2018 montre que les électeurs sont moins nombreux à voter : Moins les médias couvrent la politique locale, plus la participation aux élections dans les communes est faible", a déclaré le conseiller national socialiste bernois Matthias Aebischer devant les médias à Berne. Selon lui, la disparition des médias menace la démocratie.

L'affiche de la campagne de votation montre le héros national Guillaume Tell, qui se bat pour la liberté d'expression et contre les "fake news", un journal à la main.

La Suisse en crise médiatique

Or, le comité est convaincu que cette fonction démocratique est gravement menacée. La baisse des recettes publicitaires et la transformation numérique placent les médias suisses devant de grands défis. "Il y a 20 ans, la presse gagnait encore près de deux milliards de francs par an grâce à la publicité, aujourd'hui, elle n'en gagne plus qu'un cinquième, soit environ 400 millions par an", a déclaré Aebischer.

Les géants de l'Internet comme Facebook, Google ou TikTok ont le vent en poupe et concurrencent les médias suisses, poursuit le communiqué. La pandémie de Corona a encore aggravé la situation. Le journalisme de qualité manque d'argent, le nombre de titres de presse diminue et la diversité des médias s'amenuise. En bref, la Suisse se trouve dans une crise des médias.

C'est pourquoi, selon le comité, il faut une sorte de financement de transition qui permette d'investir dans de nouveaux modèles commerciaux. "Le soutien dans le paquet média est gérable, limité dans le temps et soutient proportionnellement beaucoup plus les petites entreprises médiatiques régionales et locales", a déclaré Martina Gammeter, éditrice et directrice d'entreprise du Engadiner Post. La loi contribue à garantir l'offre journalistique dans les régions.

L'État et les médias séparés

Le paquet média ne prévoit pas d'obligations et de mandats de prestations pour les maisons d'édition, poursuit le comité. L'État et les médias restent clairement séparés. Les médias "de gauche à droite" et les radios sont soutenus au même titre que les médias en ligne. L'aide à la presse est un instrument qui a fait ses preuves depuis des décennies et qui existe depuis 1849.

"Aucun argent ne va dans les caisses des éditeurs, mais à la Poste et à d'autres entreprises de distribution, ce qui permet de réduire le prix de la distribution des journaux et des magazines dans les ménages", a déclaré le conseiller national lucernois GLP Roland Fischer. Pour le conseiller aux Etats radical uranais Josef Dittli, le paquet média est "une solution libérale", car il s'oriente sur la manière dont les entreprises existent sur le marché.

Le comité du oui à l'encouragement des médias "La liberté d'expression" comprend l'association des éditeurs Médias Suisses (VSM), environ 90 parlementaires de tous les groupes politiques, à l'exception de l'UDC, ainsi que 20 organisations, comme l'école de journalisme Maz, le Konsumentenforum ou la Fondation pour la diversité des médias.

Le Parlement a adopté le soutien aux médias lors de la session d'été. Pendant sept ans, les médias en Suisse seront ainsi soutenus directement et indirectement à hauteur de 123 millions de francs de plus qu'auparavant.

En outre, les contributions aux chaînes de radio et de télévision privées devraient être augmentées jusqu'à 28 millions de francs par an. La contribution de soutien s'élèverait ainsi à 151 millions de francs par an. Les médias imprimés, la presse des membres et des fondations, les médias en ligne, les agences de presse comme Keystone-SDA et la formation aux médias en profiteraient.

Le comité "Non aux médias financés par l'Etat" a lancé un référendum contre la décision du Parlement. Le 13 février 2022, les électeurs décideront donc si la Confédération doit apporter un soutien supplémentaire aux médias en Suisse. (SDA)

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