Pas très durable : les jeunes Suisses remplacent leur téléphone portable au bout de deux ans

En Suisse, les jeunes remplacent leur téléphone portable au bout de deux ans en moyenne. C'est ce que montre le dernier rapport JAMESfocus de la ZHAW et de Swisscom. Lors de l'achat, c'est souvent le désir d'un modèle plus récent ou meilleur qui est déterminant. La durabilité ne joue guère de rôle, car les gens n'en sont pas très conscients.

smartphone-muell

Le téléphone portable fait partie intégrante de la vie de la plupart des jeunes - 99 pour cent des 12 à 19 ans en Suisse en possèdent un. En moyenne, ils remplacent leur téléphone portable au bout d'à peine deux ans. Chez les jeunes adolescents, ce délai est encore plus court que chez les plus âgés. C'est ce que montre le dernier rapport JAMESfocus du groupe spécialisé en psychologie des médias de la ZHAW et de Swisscom, qui se penche sur la durabilité dans l'utilisation du téléphone portable. "Les fabricants de téléphones portables lancent environ tous les deux ans un nouveau modèle sur le marché et les contrats d'abonnement expirent souvent après deux ans. Le désir d'avoir un modèle actuel incite alors les jeunes à remplacer leur téléphone portable, même si l'ancien appareil fonctionne encore parfaitement", explique Daniel Süss, psychologue des médias à la ZHAW. Comme il n'y a guère de conscience d'une utilisation durable, on estime qu'un demi-million de téléphones portables inutilisés traînent à la maison dans un tiroir chez les jeunes Suisses alémaniques.

Un modèle plus récent doit être choisi

Près de la moitié des jeunes en Suisse reçoivent un nouveau téléphone portable alors que l'ancien fonctionne encore. La décision d'acheter un nouveau téléphone portable est avant tout motivée par le souhait d'avoir un modèle plus récent ou plus performant (58 %). Pour 40% des jeunes, l'expiration d'un contrat d'abonnement entraîne l'achat d'un nouvel appareil à un prix réduit. C'est surtout le cas pour les groupes d'âge plus âgés. En revanche, les jeunes de 12 à 15 ans reçoivent plus souvent un nouvel appareil en cadeau. Au total, 28% des 12-19 ans le reçoivent en cadeau. Dans près de la moitié des cas, un nouvel appareil est acheté parce que l'ancien portable est cassé. Celui-ci n'est souvent plus réparable (37 pour cent). "Avec une coque ou un film de protection pour l'écran, on peut prévenir les dommages et ainsi prolonger la vie du téléphone portable. Plus un appareil est utilisé longtemps, plus il est durable", conseille Daniel Süss, psychologue des médias à la ZHAW. D'autre part, certains jeunes ne veulent pas le faire réparer (27 %) et optent plutôt pour un nouvel appareil.

La technique, le prix et la marque sont importants

Pour la majorité des jeunes (70 pour cent), les caractéristiques techniques sont les plus importantes lors de l'achat d'un téléphone portable. Mais le prix (65 %), la marque (54 %) et le design (49 %) sont également des critères décisifs. On constate ici également une différence entre les sexes : les garçons accordent globalement plus d'importance aux détails techniques comme la durée de vie de la batterie. Pour les filles en revanche, le prix joue un rôle plus important. La plupart des jeunes ne se préoccupent pas de savoir s'il existe des possibilités de réparation ou quelle marque d'appareil leurs amis utilisent. Il n'y a pratiquement pas de différences d'âge.

Un demi-million de téléphones portables inutilisés

Une fois qu'un nouveau téléphone portable est acheté, l'ancien modèle disparaît dans un tiroir pour plus de la moitié des jeunes interrogés (54 %) et n'est plus utilisé. Un sur quatre donne toutefois son ancien portable à une autre personne. Une élimination dans les règles de l'art dans un centre de remise ou simplement dans les ordures ménagères est rarement le cas. En moyenne, chaque jeune stocke 1,3 vieux téléphone portable à la maison. En extrapolant, les jeunes Suisses alémaniques ont donc près de 500'000 téléphones portables inutilisés à la maison. Michael In Albon, chargé de la protection de la jeunesse dans les médias chez Swisscom, tente une explication : "Une raison possible pourrait être les données contenues dans les téléphones portables. Peut-être que les jeunes ne veulent pas effacer à jamais leurs photos, leur musique et leur historique de chat et qu'ils gardent ainsi leurs données avec eux". Au total, plus de 17 tonnes de métaux et plus de 38 tonnes de plastiques dorment dans les tiroirs sans être utilisés, alors qu'ils pourraient être valorisés par le recyclage. Les précieux métaux, en particulier, manquent alors lors de la fabrication de nouveaux appareils et doivent être extraits d'une autre manière. Cela pollue l'environnement. "C'est pour ces raisons que Swisscom a lancé il y a cinq ans le programme Mobile Aid et reprend les vieux téléphones portables", explique Michael In Albon. "Les 6 et 7 décembre auront lieu les journées nationales de collecte Mobile Aid, au cours desquelles les Pères Noël collecteront les téléphones portables inutilisés dans les grandes gares suisses. L'intégralité des recettes sera reversée à SOS Villages d'Enfants".

Peu de durabilité dans l'utilisation du téléphone portable

Les jeunes Suisses ne sont pas suffisamment sensibilisés à une utilisation durable de leur téléphone portable, que ce soit lors de l'achat ou du recyclage. "De nombreux jeunes sont encore peu informés sur le thème du téléphone portable et de la durabilité", explique Süss. "Ils préfèrent acheter un nouvel appareil plutôt que de réparer l'ancien modèle et ne font guère attention aux caractéristiques durables comme la longue durée de vie de la batterie". La plupart d'entre eux ne se préoccupent pas non plus des conditions de travail lors de la fabrication lorsqu'ils achètent un téléphone portable. Environ un quart des jeunes ont toutefois donné leur ancien téléphone portable à quelqu'un d'autre. Cela permet de prolonger durablement la vie du téléphone portable.

(Visité 76 fois, 1 visite aujourd'hui)

Plus d'articles sur le sujet